Le Japon accuse la Chine de vouloir "modifier le statu quo par la force ou la coercition" dans les zones maritimes dont elle dispute la souveraineté à ses voisins.
Shinjiro Koizumi à Yokosuka, au Japon, le 30 janvier 2026. ( POOL / EUGENE HOSHIKO )
Dans un contexte de montée des tensions entre Tokyo et Pékin , le Japon a annoncé mardi 24 février son intention de déployer des missiles sol-air sur une île japonaise à proximité de Taïwan d'ici 2031. Le Japon avait déjà dit en 2022 planifier cette installation, mais n'avait pas précisé le calendrier de sa mise en œuvre.
"Notre projet consiste à déployer" des missiles sol-air de moyenne portée "durant l'année fiscale 2030" -c'est-à-dire durant la période de 12 mois se terminant en mars 2031- sur l'île de Yonaguni, à quelque 110 kilomètres à l'est de Taïwan , a annoncé le ministre nippon de la Défense Shinjiro Koizumi lors d'un point presse régulier. Cette île isolée, distante d'environ 2.000 kilomètres de Tokyo, abrite déjà une base des Forces d'autodéfense japonaises.
Cette annonce survient alors que la Chine a pris depuis novembre contre le Japon une série de mesures économiques, politiques et symboliques en représailles à des propos de la Première ministre Sanae Takaichi. La responsable avait suggéré qu'une intervention militaire de son pays était possible en cas d'attaque chinoise contre Taïwan, île que Pékin revendique. Depuis, la Chine a découragé ses ressortissants de se rendre au Japon.
Mesures de rétorsion
Et mardi, elle a annoncé sévir contre 40 entreprises et organismes nippons qu'elle accuse de participer à la "remilitarisation" du Japon, en interdisant notamment à 20 d'entre eux de se fournir en biens et technologies à potentiel double usage civil et militaire auprès de sociétés basées en Chine.
"Les Japonais ne devraient plus se laisser manipuler ou tromper (...) par ceux qui cherchent à ressusciter le militarisme" nippon, a déclaré le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi plus tôt en février à la Conférence de Munich sur la sécurité, en Allemagne.
Sanae Takaichi a pour sa part accusé vendredi la Chine de vouloir "modifier le statu quo par la force ou la coercition" dans les zones maritimes dont elle dispute la souveraineté à ses voisins, tout en assurant vouloir établir avec elle des "liens stables et constructifs".
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